HISTORIQUE

Sortir les enfants de la servitude et leur assurer une éducation

Le lodge Red House de Kagbeni, situé dans le Mustang, jouit d’une belle réputation  en raison notamment d’une grande statue de Bouddha qu’il abrite dans un temple privé au sein même de l’hôtel qui offre par ailleurs un niveau de confort supérieur à la moyenne.

Chengdoma, en uniforme de l'école Fewa
Chengdoma, désormais élève de l’école Fewa de Pokhara

Une petite fille à qui je donnais à peine 8 huit ans, vaquait à des tâches domestiques. Je pensais d’abord que c’était une enfant de la maison mais j’appris bientôt que Chengdoma – c’était son nom – avait été « vendue »au propriétaire du lodge pour l’équivalent de 10€ par sa mère malade et très pauvre qui ne pouvait plus subvenir à ses besoins. Le propriétaire s’était engagé à lui donner à manger en échange des besognes qu’elle  accomplirait. Il devait aussi verser à la mère un petit pécule dont j’appris qu’elle n’avait jamais vu la première roupie. Chengdoma n’avait que très peu fréquenté l’école dans son village reculé du Haut Mustang. A Kagbeni, elle n’y allait plus du tout. Je décidai de la sortir de cette situation de servitude et de lui permettre d’aller à l’école pour se construire un avenir après avoir recueilli l’assentiment de sa mère pour ce projet. Mon guide Rupak m’a permis de réaliser ce rêve en allant à Dhakmar rencontrer sa mère qui lui a donné son accord. Puis il est retourné à Kagbéni, avec la sœur aînée de Chengdoma, Karchun. Le propriétaire a alors bien été obligé de laisser partir Chengdoma. Elle est désormais scolarisée comme interne dans une école de Pokhara, la ville la plus proche où elle rattrape rapidement le temps perdu. Elle espère devenir un jour elle-même professeur.

Aashish dans la cour de l'école Fewa
Aashish Pariyar, 9 ans, dans la cour de l’école Fewa

Ma femme Dominique et moi avions décidé de subvenir entièrement à ses besoins. Mais nous avions bien conscience que nous ne pourrions le faire pour tant d’autres enfants connaissant les mêmes misérables conditions qu’elle. C’est pourquoi nous avons créé l’association Chengdoma, Solidarité avec le Népal. Les premiers dons nous ont permis rapidement de tirer un deuxième enfant, Aashish Pariyar, 8 ans,  d’une situation identique. Un an après, J’ai été avec un autre guide et le directeur de l’école, dans un village des contreforts de l’Annapurna, chercher un enfant qui était dans une situation particulièrement misérable, mais qui n’était pas exploité. Son avenir, à lui aussi, était bien sombre.  Désormais Ajay Tamang, 10 ans, a rejoint Chengdoma et Aashish à l’école Fewa de Pokhara.

Ajay en route pour l'école Fewa de Pokhara
Ajay Tamang, 10 ans, sur le chemin entre Chyamche, son village et Pokhara

Ces trois enfants sont désormais entièrement pris en charge par l’association qui finance leur scolarité en internat, leurs fournitures scolaires, leur habillement et leurs loisirs. Le lien avec les familles est préservé. Lorsque c’est possible que les enfants retournent dans leur village pour les vacances, ou bien leur famille vient leur rendre visite à l’internat.  Une aide peut aussi être fournie pour améliorer les conditions de vie  des familles dans leur village.

Une branche népalaise de l’association a été créée récemment qui permet d’avoir un relais sur place et d’agir en liaison avec les autorités lorsque la situation des enfants l’exige. C’est le cas notamment pour Tasi Angmo, qui est exploitée par les patrons d’un hôtel de Samar, dans le Haut Mustang, et que nous essayons actuellement de sortir de libérer, conjointement avec Chengdoma-Népal.

Après le séisme du 25 avril 2015, l’association s’est aussi mobilisée pour récolter des fonds pour venir en aide à des villages sinistrés. Plus de 2000€ ont pu être envoyés rapidement à notre relais sur place, Christophe Abbou, directeur de l’agence de trek Azimut Népal, basée à Kathmandou,  qui a entrepris d’apporter une aide d’urgence à deux villages proches du parc national du Langtang: Gatlang et Thulo Shyabru.

Paul Robert, président de l’association.